Fère-en-Tardenois



L'Histoire de Fère a été relatée en détail par Etienne Moreau-Nélaton (1911). Habité depuis la plus haute Antiquité (Néolithique), le Tardenois a donné son nom à une industrie en silex comprenant des outils de très petite taille, le Tardenoisien, vieille de 7.000 ans environ. Les premiers Hommes sont sans doute arrivés dans le Tardenois il y a plusieurs centaines de milliers d'années, mais ce n'est que bien plus récemment, il y a moins de 10.000 ans, qu'ils y ont laissé d'abondantes traces de leurs activités. Il s'agit presqu'exclusivement de petits silex taillés de quelques centimètres de longueur au maximum, aux formes souvent géométriques. Les premiers furent reconnus il y a plus de 100 ans. Depuis, les efforts patients de divers préhistoriens, au premier rang desquels il faut citer René Parent (1917-1989), instituteur au Charmel, et le Dr J.-G.Rozoy, de Charleville, ont permis de préciser, non seulement les caractéristiques techniques de cette "industrie" qui a mérité le nom de Tardenoisien, et qu'on retrouve un peu partout dans le bassin parisien, mais surtout, l'usage de ces petits objets, et le mode de vie de leurs créateurs.
Même si les flèches auxquelles ils étaient fixés ne sont qu'exceptionnellement préservées, du fait de la nature acide des sables qui ont dissous tout ce qui n'était pas minéral, on sait que ces petits silex en constituaient en fait les pointes et les armatures (c'est-à-dire les tranchants latéraux). L'arc, arme nouvelle pour ceux qui furent les derniers peuples chasseurs, avant qu'ils ne découvrent la culture et la domestication des animaux, leur a sans doute permis une exploitation plus efficace de l'abondant gibier (cerfs, chevreuils, sangliers) qui devait peupler les forêts couvrant la région.


 





Le sol sableux, les grès, les chênes et les bruyères évoquent encore, çà et là, les légendes druidiques. Le "Grès-qui-va-boire", dont l'imposante silhouette se penche vers l'Ourcq, a été, depuis la nuit des temps, le rendez-vous des procéduriers qui y concrétisaient leurs accords.









De l'époque féodale à la Révolution, transactions, héritages et mariages princiers ont maintenu Fère dans la mouvance de la couronne. A deux reprises (François 1er et Louis XIII), il a même été intégré au domaine royal. Les archives Nationales, la Bibliothèque Nationale, le Musée Condé à Chantilly renseignent à ce sujet.
L'histoire de Fère de 1900 à nos jours a été relatée par Henri Prieux.
Les combats de 1914-18 (Marne, chemin des Dames) au cours desquels Fère a été détruit à 70% l'ont rendu tristement célèbre parmi les Anciens Combattants qui l'ont souvent mentionné dans leurs mémoires.





La guerre de 1939-45 n'a pas épargné la localité qui a subi quelques destructions. Des faits de résistance ont coûté la vie à plusieurs Férois.



Fère offre de multiples atouts culturels et touristiques:



Les ruines du château féodal, et de la galerie renaissance se situent à trois kilomètres du centre ville.






Construit sur une motte artificielle recouverte d' un pavement de pierres , il comprend sept tours en partie détruites , dont la base est ornée de redans à la finalité encore inexpliquée. 

Un chemin de ronde domine le fossé qui a été élargi lors de la construction du viaduc dans l' esprit de Chenonceaux . Les communs ont été aménagés en résidence au XVIIIe siècle . Ils sont transformés actuellement en relais-château . L' ensemble a belle allure , dans un site boisé , à la fois champêtre et sophistiqué.

La Galerie Renaissance

La charte de 1206 octroyée par Blanche de Champagne à Robert II de Dreux , neveu du roi Louis VII a autorisé la construction de la petite forteresse , annexée désormais aux Comtes de Champagne et, à deux reprises, intégrée au domaine royal. Un inventaire de 1395 et un plan renseignent sur l'état des lieux. De dimensions moyennes, les 7 tours comprenaient des pièces exiguës, peu éclairées, beaucoup d'escaliers, une chapelle, une chambre réservée au Roi, des salles " hautes " et " basses ", peu de mobilier. 

Situé à proximité de la route du Sacre, le destination en semblait plus civile que militaire. Anne de Montmorency, par adjonction de la galerie renaissance, terminée par une porte attribuée à Jean Goujon, voulut en faire une résidence princière, et fit sans doute appel aux artistes d'Ecouen.




Au cours des siècles, l'ensemble du domaine - qui comprit jusqu'à 1000 ha de forêts - est passé par transaction ou héritage dans le patrimoine de personnages illustres : Gaucher 1er de Châtillon, Charles d'Orléans, François 1er, Anne de Montmorency, Louis XIII, les Condés. Le dernier fut Philippe Egalité, qui acheva le délabrement du vieux rendez-vous de chasse, en vendant aux enchères portes, fenêtres, cheminées, tuiles et charpentes (1779).

Abandonné depuis, bien que classé monument historique depuis 1834, il fait l'objet, depuis quelques années, d'une restauration méthodique, à l'initiative d'équipes bénévoles, avec la participation du Conseil Général. La visite est libre.


  • L' Hôtel Seigneurial


Les trois fenêtres en ogive qu'on peut voir dans la cour de l'école rue Moreau Nélaton, une ébauche de tour où une trace de porte est apparente sont les seuls vestiges d'un grand ensemble architectural, contemporain du château et, à ce titre, important pour l'histoire locale.






C'est sans doute un des fils de Robert II de Dreux, Pierre 1er dit Mauclerc, qui mit la dernière main à la construction. Connu pour sa participation aux croisades et sa mort en mer relatée par Joinville (1250), il fut à la fois procédurier et poète. Son frère, Robert III de Dreux, fait à la même époque construire la forteresse de Nesles en Tardenois, dont il reste d'intéressants vestiges.

Pendant plus de deux siècles, l'Hotel Seigneurial fut le siège d'une vie administrative, fiscale et judiciaire intense, avec droits de Haute et Basse justice. Les appels sont portés directement au parlement de Paris. La prison, vide d'occupants, existait encore à l'époque d'Anne de Montmorency, mais l'emplacement des fourches patibulaires n'est pas connu. Il resta le siège de l'administration locale jusqu'en 1792. Les voûtes en arc brisé, les escaliers qui existent encore dans le sous-sol environnant restent les témoins de cette puissance disparue.



  • Les Halles

C'est l'épouse d'Anne de Montmorency, Madeleine de Savoie, femme d'affaires avisée, qui fit construire, aux environs de 1550, les Halles destinées à servir d'entrepôt obligatoire pour le marché aux grains moyennant une taxe nouvelle. Elles furent très mal acceptées par les habitants de l'époque, qui obligèrent Anne de Montmorency à transiger. Première manifestation d'organisation municipale.




Elles comprennent trois rangées de piliers ; la rangée centrale, ainsi que la charpente, sont en châtaignier d'origine, provenant de la forêt de Fère. L'imposante toiture, en tuiles plates, domine la grand'place, entourée de tilleuls, et agrémentée d'une assez jolie fontaine.



Le fleuron touristique de notre cité, classé monument historique, abrite le marché hebdomadaire du mercredi, et diverses manifestations populaires (bal du 14 Juillet, de la fête patronale, expositions artisanales, etc.).

 Le jardin de la Mairie, de l'autre côté de la place, dessiné au XIXème s. par un paysagiste de talent, pourrait être plus connu et visité.

  • L' église Sainte Macre

Une église existait déjà à Fère au XIIIème siècle, mais nous n'en connaissons pas grand-chose. Il se peut pourtant que deux des arcades de la nef de l'église actuelle, classée monument historique, en soient un vestige. Ce serait à partir d'elles que Louise de Savoie, mère de François Ier, l'aurait fait construire, dans un style gothique évolué qui annonce la Renaissance.



La nef centrale, dépourvue de fenêtre, est plus étroite que le choeur, permettant de suivre les offices depuis les nefs latérales. Le maître autel, a été édifié sous Louis XIII. Ses colonnes torsadées, ses dorures, évoquent déjà le style baroque. A l'intérieur, on peut également admirer:

  • Une toile de Claude Vignon, "L'Adoration des Mages " (1653)
  • Une toile de l'Ecole de Van Dyck, "La Vierge et l'Enfant", empruntée par un soldat allemand en 1917 et rendu à sa mort en 1960
  • Un retable abritant les reliques de Sainte Macre, martyre des Romains
  • Deux grandes statues en bois du XVIème ou XVIIème siècle, représentant la Vierge et Saint Jean
  • De part et d'autre de l'autel, des verrières modernes de Luc Simon, maître-verrier de la cathédrale de Reims

L'église est dotée d'orgue depuis le XVIIème siècle. Le buffet, rénové, abrite un instrument entièrement refait à neuf en 1990 (facteur: Georges Westenfelder) qui figure en bonne place dans les "Heures musicales de l'Aisne"

  • Ses environs

Le plan d'eau de Fère-en-Tardenois

La situation géographique, le patrimoine historique et culturel du Tardenois et l'environnement préservé du plan d'eau de Fère-en-Tardenois, confortent le potentiel de développement touristique de Fère-en-Tardenois.

Le Chateau de Nesles

Le plan et la base des tours de la forteresse construite au XIIIème siècle par Robert III de Dreux sont encore visibles, à 4 km de Fère. Dans le donjon, il subsiste encore deux salles voûtées superposées. Longtemps utilisées comme demeure agricole, les bâtiments qui relient les tours ont été artistement aménagés et peuvent servir de cadre à des réceptions de classe.


Le Cimetiere Americain

Entre Fère et Nesles, plus 6000 tombes de soldats américains tués dans la région pendant la Grande Guerre sont entretenues dans ce mémorial grandiose.


La Butte Chalmont

Ici, c'est aux héros de la seconde bataille de la Marne que rend hommage le sculpteur P.Landowski, avec son monument " Les Fantômes ", inauguré en 1935 par le Président P.Lebrun, qui domine un vaste panorama. Lugubre, assommé, à peine vivant encore, ce groupe rescapé de l'enfer des tranchées évoque l'horreur de cette bataille, et témoigne courageusement, à l'opposé des monuments aux morts glorifiant le massacre, contre la monstruosité de la guerre.

 

La Hottée du diable

Dans la forêt, à 6km de Fère en direction de Coincy, un important amoncellement de grès aux silhouettes parfois angoissantes a servi de décor aux meilleures scènes de " L'Annonce faite à Marie " de P.Claudel, et fournit aujourd'hui d'innombrables cachettes aux enfants.

 

Villeneuve sur Fère

La maison natale de Paul Claudel ne se visite plus aujourd'hui, mais sa mémoire est très vivante dans le petit village si cher au cœur du poète. Une plaque commémorative, au chevet de l'église, rend hommage à sa sœur Camille, sculpteur et compagne de Rodin, née à Fère.


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